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kill your love before love kill you

Barbie Bush !
C'est comme ça qu'il voulait qu'on l'appelle. Il s'était créé un personnage, une identité, une sorte de renaissance. Un renouveau derrière lequel il cachait certainement son passé, ce qu'il était auparavant. Un renouveau derrière lequel il pouvait masquer ses faiblesses, ses émotions, ses sentiments. Un renouveau qui lui permettait de se forcer à effacer ce qu'il était pour devenir ce qu'il voulait être.
Un être froid, vide d'émotions et de tout sentiments. Quelqu'un d'inébranlable, intouchable voir inhumain. Voila l'image qu'il donnait aux gens derrière son visage maquillé, grimé ; sous ses vêtements aussi lugubres que surprenants. Pas qu'il soit mal habillé, bien au contraire. Toujours impeccable dans ses pantalons resserrés semblant ne faire qu'un avec ses bottes qui lui donnaient 10cm de plus ; dans ses vestes cintrées boutonnées par de l'or. Ce style sombre n'en n'était néanmoins pas moins chic. L'esthétique comptait énormément pour lui. Chacune de ses sorties était une véritable mise en scène. Que les critiques soient bonnes ou aussi mauvaises que virulentes, il aimait en mettre plein la vue, choquer. Tout cela résultait en fait de son dégoût du comportement humain. C'est son dépit de la vie qui le rendait marginal.

***

Alice
était une magnifique jeune femme, à la longue chevelure blonde. Elle était si belle, mais pourtant si seule. A la mort de ses parents, elle se referma sur elle-même, ne parlait plus a personnes si ce n'est pour critiquer ou envoyer les gens se faire voir. Depuis, elle passait son temps à s'autodétruire. Alcool, drogues, mutilations, tout y passait. Plus rien ne la rattachait à la société. Elle errait chaque jours dans les rues sans que personnes n'y prête attention, elle rodait comme un fantôme et tout lui paraissait aller trop vite. Décidée à en finir avec la vie, elle se regarda une dernière fois dans la glace avant de sortir de chez elle. Elle n'aimait pas ce qu'elle voyait, alors elle mis un coup de coude dans le miroir qui se brisa en mille éclats lui causant de sévères entailles au bras. La douleur de la chair a vif ne l'empêchât pas pour autant de finir de se préparer.
Maquiller ses yeux, huiler ses lèvres, brosser ses cheveux. Enfiler sa jupe en dentelle noire, lasser son corset, entrer dans ses bottes de cuir. Il ne lui resta plus qu'à déposer délicatement un chapeau haut de forme sur le haut de sa tête et elle était prête pour le bal des horreurs, le bal de la mort.
Elle partie errer un moment, seule comme a son habitude, dans une forêt un soir de pleine lune. Elle s'assis par terre un instant et pense a tout, a rien. Surtout a la vie. Les minutes passèrent et la lune disparut. Elle disparut derrière une brume épaisse. Un vent glacial vint refroidir l'atmosphère, mystifier cette forêt sombre, laissant apparaître les ombres angoissantes des vieux arbres, virevoltantes tel des esprits, des âmes s'échappant de l'enfer. Sous l'emprise de multiples substances, elle perdait contact avec la réalité.
Elle avançait dans cet endroit froid et sombre. Elle ne savait pas ou elle allait, elle avançait pas a pas. Ça ressemblait à une impasse. C'était difficilement explicable, difficilement compréhensible.
Son but était de se donner la mort, une étreinte qui l'étouffait ; et plus elle y pensait, moins elle avançait. Plus elle s'approchait de ce but, plus elle s'en éloignait.
Elle avançait pour finalement, ne rien laisser derrière elle. Elle aurait aimé que rien ne s'efface, que rien ne s'oublie. Elle aurait aimé pouvoir continuer, pouvoir encore crier avant de s'effacer, ne laissant derrière elle plus qu'un vague souvenir ;
le souvenir d'un mauvais rêve, le souvenir d'une âme rongée...
Tétanisée, elle ne bougeait plus. Son corps était étendu sur le sol, gelé. Elle fermait ses paupières, tremblait et pleurait. Transie par le froid, pétrifiée par la peur, elle ne savait plus quoi faire. Prier ne servirait a rien. Elle n'avait jamais cru en dieu. « Les gens meurent malgré avoir prié le seigneur de les garder. Dieu n'est le sauveur de personne » pensait elle. Elle ne pouvait plus bouger, plus rien faire, si ce n'est qu'attendre...

Elle rouvrit les yeux.
Elle se trouvait dans une pièce sombre, aux murs maculés de sang, dont chaque recoin était orné de crucifix ou de cierges. Elle devrait avoir peur de cette atmosphère glauque, mais elle se sentait pourtant bien dans cette macabre ambiance d'église.
A coté du lit sur lequel elle s'était réveillé était posé un manuscrit dont elle lu les deux premières pages :

***

Les gens changent.
On croit bien se connaître, mais l'on se trompe.
Chaque périodes de la vie, chaque changement dans notre environnement, aussi petit soit-il, fait naître quelqu'un de nouveau, de différent en nous, a tel point que l'on ne se reconnaît pas en cette personne.
On devient heureux... ou malheureux.
Quoi qu'il en soit, il y a deux genres de problèmes.
Le premier, c'est que pour être heureux, il faut être malheureux!
Lorsqu'on est heureux, dans une période douce et agréable, on ne s'en rend pas compte a temps, mais seulement lorsque rien ne va plus, lorsque cet étranger est né en nous, fait partie de nous... lorsque l'on devient cet étranger.
Le second problème, est bien plus compliqué, et surtout plus dramatique.
En effet, lorsque nous sommes cette nouvelle personne, dans cette nouvelle vie pleine de débauche, de décadence, et de déchéance, on arrive à bien s'y sentir. On ne veut pas se sortir de ce désespoir, on préfère rester dans cet état d'esprit, être rongé par l'angoisse, la solitude, la détresse et la peine. L'autodestruction est alors automatique et inévitable. Elle devient presque réjouissante, vitale. Entraîner les autres dans sa chute, se retourner contre tous et exaspérer tout le monde, le plus possible; choquer, faire l'exact inverse de ce que voudrais la bienséance, devenir grotesque, grossier, jouer avec ses propres règles, dépasser toutes limites et aller au delà de toutes valeurs morales, faire des drogues, de l'alcool et du sexe une consommation a outrance, ETRE outrancier est une nécessité, et d'un réconfort absolu.
Trop trash, trop tragique? Putain ouais.
Cependant, aucun retour n'est possible vers cette autre personne, cet autre lieu, cette autre vie que l'on a quitté. Cet étranger, cette personne inconnue qui fait partie de vous, C'EST VOUS, c'est tout ce que vous êtes a présent...


***

Une balle dans la tête,
Allongé sur le sol,
Au milieu des bouteilles,
Des drogues et du sang.
Plus rien ne me retient,
Plus rien ne me fait peur.
Seul assis dans le noir
En buvant mon sang,
Je n'ai plus mémoire
De ce que je ressent.


***

Ces textes qu'elle lu pour la première fois lui paraissaient si familiers. Elle se demandait où elle était lorsque arriva un homme mystérieux.

***

Comme chaque soirs, il écrivait ses états d'âmes dans son carnet.
Dépité, sans aucune envie, ni de vivre ni même de mourir, il sorti, vide, sans savoir pourquoi.
Il était asocial et refusait tout contact.
Ce soir là, il fut frappé par la beauté froide d'une femme en détresse, allongée par terre. Cela le troublait énormément de prêter malgré lui attention a quelqu'un. Le sinistre aspect morbide de cette gracieuse blonde, ses yeux vitreux, son visage aux traits tirés par la misère et la souffrance lui auraient habituellement plu et servit de spectacle, mais cette fois ci quelque chose le dérangeais.
Sous l'effroi de cette scène terrifiante, de ce sentiment incontrôlable, il détourna son regard et passa son chemin, mais ce visage a la fois angélique et inquiétant le bouleversait. Il fit demi-tour. Il ne pouvait pas la laisser là. Il la ramena donc chez lui. Lorsqu'il vin voir comment elle allait, elle était debout.
Vacillante sur ses jambes frêles, elle dit d'un ton posé mais légèrement inquiet :
« -Qui êtes vous ?
-Posez ce carnet! Je vous ai trouvé hier soir, vous étiez bien mal en point.
-Je ne vous ai rien demandé, vous auriez du me laisser. Occupez vous de vos affaires et laissez moi tranquille.
-Je ne vous retiens pas... Alice ! »
Elle marqua un temps d'arrêt. Comment connaissait-il son prénom ?
« -Tu croyais être seule, que personnes ne te remarquais ou s'intéressait a toi ? Je sais que tu m'observes aussi. »
Elle ne dit rien et parti...

***

... Elle avait quitté sa maison et tous ses biens pour vivre avec lui dans le manoir dans lequel elle s'était réveillée deux ans plus tôt.
Si aucun des deux n'avait de contacts extérieur, c'est parce qu'ils ne voulaient pas s'attacher aux gens de peur de les perdre. Derrière cette apparence dure, forte qu'ils se donnaient, se cachait en fait des êtres sensibles, malheureux. Lui pensait que devenir amoureux revenait à disparaître, mourir. C'était trop tard. Ils menaient une vie malsaine, passionnée mais destructrice. Une nuit après avoir fait l'amour sous une pluie artificielle de sang, ils étaient comme toujours drogués et alcoolisés. Elle pressa un couteau contre son c½ur et lui dit :
« -je t'aime, tellement, tu doit me tuer maintenant!»
Pour lui, mourir pour son aimé, se donner a lui était la plus belle preuve d'amour. Il lui ôta le couteau des mains et lui dit :
« - j'ai aussi envie de mourir par ce que je t'aime, si je m'aimais je te tuerais. Je n'ai pas peur de la mort, mais ce n'est pas elle qui me trouvera, j'irais la chercher.
-pourvu que nous mourrons ensemble, main dans la main » répliqua-t-elle.

***

« -Ce soir nous plongerons ensemble dans le coma, cet endroit si effrayant. Le coma blanc (première phase), froid et étouffant, oppressant, pour commencer ; puis le coma noir (deuxième phase), vide de tout sentiment, espoir et émotions ; pour en finir, pour savoir que nous étions en vie... »


Pour ne jamais briser cet amour trouvé qu'ils avaient toujours fui, mais qu'ils cherchaient au fond d'eux même, ils décidèrent de mourir a deux, et apaisés.
Il lui glissa un cachet dans la bouche, et embrassa ses lèvres rouge carmin. Ils se couchèrent tout les deux, pour s'endormir dans les bras l'un de l'autre ; pour s'endormir ensemble et pour toujours...

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# Posté le lundi 16 février 2009 15:52

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